Elisabeth Leonskaja

Géorgie

« La dernière grande Dame de l’Ecole Soviétique » écrit un journaliste français, et un critique espagnol la qualifie d’anti-diva. Ils ont raison tous les deux.

Productions de la saison


À propos


Elle est d’un naturel discret et même timide ; elle n’aime pas qu’on fasse une publicité tapageuse autour de son nom et ne goûte pas les ovations après un concert. C’est pourtant une pianiste d’exception, une légende vivante même. Elisabeth Leonskaja règne sur les scènes internationales depuis soixante ans, depuis qu’enfant prodige, elle a donné ses premiers concerts à l’âge de 12 ans. C’était en Russie, à l’époque de l’URSS.

Elisabeth Leonskaja se souvient avec tendresse de ses premiers pas en musique : « C’est ma mère qui a décidé que je jouerai du piano, parce que c’est si joli de faire de la musique. J’avais à peine 7 ans et cela m’est apparu comme une évidence. Je pense avoir été une enfant tout à fait normale ». A 13 ans, elle joue le premier mouvement du concerto n°1 de Chopin, « comme beaucoup d’adolescents », ajoute-t-elle avec modestie. « C’est là que j’ai réalisé que ce dont ma mère rêvait pour moi était en réalité une affaire très ambitieuse et très sérieuse ». Formée au Conservatoire de Moscou, elle est lauréate de prestigieux concours :

Enesco, Marguerite Long et Reine Elisabeth. Mais ne comptez pas sur elle pour vous parler de ces trophées !

Sa modestie toujours.

 

Sviatoslav Richter, mentor et ami

Elle est plus loquace quand il s’agit d’évoquer sa formation et l’école russe de piano : « discipline dans le travail, recherche de la profondeur de son » et surtout « une liberté d’esprit dans l’interprétation ». Pas de dogme ! Avec bonheur Elisabeth Leonskaja vous parle de sa rencontre avec Sviatoslav Richter, l’un des pianistes majeurs du 20e siècle. Une rencontre déterminante pour la suite de sa carrière. Richter est d’abord son mentor avant de devenir un ami proche.

Ensemble, ils ont partagé la scène à de nombreuses reprises et leur collaboration a donné lieu à des enregistrements de référence, en particulier les sonates de Mozart transcrites par Grieg.

Née à Tbilissi, en Géorgie, de parents russes qui avaient fui la guerre et la persécution des Juifs à Odessa, Elisabeth Leonskaja quitte l’URSS en 1978, franchissant pour toujours le rideau de fer. Elle choisit de s’installer à Vienne. La ville s’est imposée naturellement à elle : « Presque tous les compositeurs y ont vécu. Vivre à Vienne c’est percevoir, si on est réceptif, ce qui se cache en Mozart et en Schubert, parfois en Beethoven en Bruckner, en Mahler. »

 

Un besoin physique de musique

La musique est sa vie, sa raison d’être. « J’en ai un besoin physique. Lorsque je joue, ce n’est pas moi que je présente en scène mais la musique que j’interprète.

C’est la musique qui est importante, pas ma personne ».

Ce qui la fait courir les salles de concert, c’est aussi son amour du public. Les spectateurs sont un véritable miroir, indispensable pour elle : « Chaque fois que je suis en scène, j’ai l’impression de me refléter dans mon public. Ce qui fait que mes interprétations varient suivant les publics devant lesquels je joue ».

Il reste une question que l’on ose à peine lui poser, tant elle relève de l’intime : avez-vous un rêve ? Elisabeth Leonskaja répond sans hésitation : « m’améliorer, toujours ! » Elle rit, son visage s’illumine. On ne veut pas la croire. Elle sait, comme le disait Robert Schumann, qu’on n’a jamais fini d’apprendre.